Débat Tunisien Citoyen Sur Le Futur Numérique

Communiqué de presse                                                                                                                                              Tunis, le 22 février 2021

ETAT DE L’INTERNET CITOYEN EN TUNISIE : SONDAGES, ANALYSES, RECOMMANDATIONS

Objet : Publication du rapport sur les résultats du Débat citoyen tunisien sur le futur du numérique

Lien du rapport :

Les Samedi et Dimanche 14,15 et 21 Novembre 2020, la Tunisie avait fait partie de la plus grande consultation citoyenne jamais organisée dans le monde. A l’heure où Internet devient l’épine dorsale de nos interactions sociales, la pandémie actuelle reflète l’importance d’une discussion autour d’Internet. Cette démarche s’inscrit dans une coordination non gouvernementale faisant de We The Internet (Tunisie) le relais national d’un réseau de débats citoyens qui ont été organisés dans 78 pays.

L’objectif du projet We The Internet (Tunisie) est de faire avancer l’état de la réflexion et des bonnes pratiques en matière de gouvernance numérique et de l’intelligence artificielle grâce à la participation citoyenne, et ce dans la logique de la consécration du principe de démocratie participative appuyée par la Constitution de 2014.

Grace à la mobilisation d’un noyau national de trois responsables accompagnés de plus de cinquante collaborateurs volontaires, un ensemble de sondages thématiques ont été organisés et soumis en ligne durant plus de deux mois (entre le 1er octobre 2020 et le 7 décembre 2020) à un échantillon de 600 personnes. Ces internautes ont été réunis par le biais de divers canaux de médiatisation afin de pouvoir rassembler un échantillon représentatif de la population tunisienne, de tous âges (53% entre 18-25 ans, 16% entre 26-32 ans, 19% entre 33-45ans, 9% entre 46-55ans, 3% entre 56-75ans) ,profils socio-culturels confondus et provenant de l’ensemble du territoire national.

La diversité des profils requis a été louée par Ayda ALLANI (volontaire) spécialiste en pédagogie numérique âgée de de 65 ans, qui a apprécié « l’initiative de l’évènement en ligne, rendu propice par les conditions sanitaires ainsi que la diversité des profils académiques et d’âge des participants, ainsi que la méthodologie employée faisant référence à documents puis des questionnaires très faciles à utiliser ». 

De manière plus précise, l’approche du rapport réalisé à partir des résultats des sondages est fondée sur quatre points :

  • L’usager numérique et sa relation globale au web
  • Ses données, et les connaissances dont disposent les usagers en liaison avec la protection des données personnelles
  • Sa cyber-citoyenneté, et la prise de conscience des enjeux technologiques contemporains dans le pays et dans le monde, questionnant leurs opinions sur les aspects liés à l’universalité de l’internet avec l’engagement de nombreuses parties prenantes (multi-stakeholders) 
  • Sa protection fondamentale par la gouvernance de l’intelligence artificielle, et l’information acquise par ces usagers au sujet de cette gouvernance.

Cette expérience a été riche d’enseignements pour les volontaires notamment étudiants, comme en témoigne Souhail HAMMADI (volontaire), élève Ingénieur en Électromécanique en 1er année à ESPRIT, qui était motivé par le fait de mieux connaitre les avis d’internautes de la Tunisie, les pourcentages d’utilisation de l’internet, ainsi que la connaissance de nouvelles technologies comme l’IA, estimant que pour son compte « ses objectifs ont été atteints à 100%»

Forte de ce constat, Chayma FOURATI (modératrice) ingénieur R et D dans une startup tunisienne, a considéré que « c’était une belle expérience riche d’échanges entre les participants, avec une grande qualité d’organisation de bout en bout »

Tenant compte des éléments recueillis, un premier constat qui ressort est que les usages numériques sont très importants en Tunisie : 80% des sondés se connectent quotidiennement à leurs plateformes favorites prioritairement pour s’informer.

Par ailleurs, 80% des usagers interrogés reconnaissent avoir utilisé l’internet de manière essentielle pour leur travail ou leurs études durant la pandémie du covid19. 

Une autre tendance forte est que les sondés expriment également leur confiance pour une gestion globale du web qui se dirige plus largement vers la société civile (62%) voire le secteur privé (58%), s’écartant ostensiblement du choix étatique ou gouvernemental. 

Ce débat citoyen tunisien a permis d’élaborer des recommandations citoyennes qui ont été soumises au Forum sur la Gouvernance d’Internet 2020, sous la thématique « Internet United »

Recommandations

  • La question de l’éducation à la citoyenneté numérique apparait donc clairement comme un aspect prioritaire qui doit être envisagé par l’ensemble des parties prenantes. Il nous semble donc particulièrement nécessaire de favoriser une approche éducative voire une vulgarisation des concepts, afin d’assurer la sensibilisation du grand public à la question des usages du numérique. Cette campagne d’information devrait toucher l’ensemble des catégories sociales, comme l’a démontré l’échantillon de notre enquête WTI.
  • Mettre à la disposition du public des outils aisément manipulables pour l’acquisition de telles connaissances,
  • Renforcer l’accessibilité du discours officiel et/ou gouvernemental dans le domaine technologique, et/ou celui de l’organisme de formation dédié à cet effet.

Dans la mesure où le Web soulève un ensemble de questions techniques sans cesse remises à jour, il serait pertinent d’adopter à cet égard une démarche de formation continue.

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